TERRE A TERRE

Année de création :

2023

Création :

Collective

Distribution :

Régie :

L'histoire :

Les animaux échangent sur leurs conditions de vie et observent le comportement des humains.
Que faire contre les ravages de la cupidité et de l'égoïsme ?
Trouver des solutions devient la première urgence.
Et si la Terre, l'Eau, l'Air et le Feu en imposaient une très radicale...?


EXTRAIT TEXTE

Photos


Vidéo





Représentations

Juin 2023 : Théâtre Fil de l'eau, à Pantin (93).
Novembre 2023 : Espace Jemmapes, à Paris (75)




Extrait texte

Terre à terre

Personnages :
Préambule (10 min)
  Les Animaux Renard (Emile), écureuil (Jetèaloeil), chouette (Pirouette), lapin (Martin),
           raton-laveur,castor (Hector), oiseaux, grenouille (Gribouille), poule...
  Les Humains Au sandwich, au balladeur, au sac, à la pomme,
           au journal, au balai...
Les 4 éléments (45 min)
  Terre Veut régler le problème humain
  Air Veut régler le problème humain
  Eau Veut régler le problème humain
  Feu Veut régler le problème humain
  Franck Parachutiste
  Sabrina Influenceuse
  Erik Lobbyiste
  Journaliste
Final (5 min)
  Les Animaux


La scène :
Préambule
Au centre gauche, deux arbres avec feuilles, placés devant une cabine (genre cabine d'essayage) avec rideau intégral . Accolés à la cabine on trouve, à droite un banc, à gauche une ppoubelle.
Au centre en fond de scène, une table recouverte d'un drap. A sa droite une chaise.


Les 4 éléments
La cabine est placée à gauche et le drap de la table retiré dévoile 3 mallettes de 3 couleurs différentes (bleu, rouge, jaune). A gauche en devant de scène une chaise.

Scène Préambule :
Le personnage 1 entre. Il s’assoit sur le banc et mange son sandwich. Il est observé par quelques animaux.

Emile : Je m'appelle Emile. Je porte un nom qui rime avec docile, futile, inutile. Je suis de ces êtres que l'on croise dans la vie sans même les calculer. Et pourtant j'entre dans les statistiques. On m'a souvent dénombré, analysé, bêtifié. On a voulu organiser mon existence, me plier aux exigences. Et j'en ai assez. L'heure de la révolte a sonné. (L'homme lève la tête). Si je parviens à me lever je vais... euh, petit détail. Y'a confusion. Je ne suis pas le gugusse qui mange son sandwich en dormant à moitié. Regardez l'arbre. Mais non pas l'oiseau, ni l'écureuil. A gauche de l'arbre. Vous me voyez ? Le futé ! Le rusé ! Le renard quoi… Emile le goupil ! C'est moi. Bon d’accord, je vous entend déjà dire : un renard qui parle, on aura tout vu… Ce à quoi je répondrai : y'avait option glapissement dans vos facs ? Non ? Ben voilà, y vaut donc mieux que j’utilise votre dialecte si vous voulez comprendre quelque chose… Et croyez-moi, ce que j'ai à raconter dépasse en abomination tout ce que vous avez pu voir dans les films d'horreur... Ah, je vois une miette qui vient de tomber du sandwich du gugusse. Mon repas. Voilà ce qu'il nous reste à nous les renards : les miettes des hommes. A nous et aux autres. Nous fouillons les poubelles de l'humanité. "Hector, dit bonjour aux humains." Hector c'est mon ami le castor. Il ne vous aime pas beaucoup. Faut dire que vous l'avez décimé pendant des années. "Destructeur de digue ! Ravageur des bosquets !". Que n'a-t'il entendu pour justifier son extermination. Et le plus stupide "Pilleur des cours d'eau", alors qu'il participe à la leur régulation. Maintenant remarquez, vous êtes tranquilles, y a presque plus d'eau dans les cours ! "Comment en est-on arrivé là ?" me souffle Gribouille la grenouille. Je dirai plutôt : "Comment en êtes-vous arrivés là ?". Toute une histoire...

Le personnage 1 jette son papier de sandwich. Les animaux réagissent. Un deuxième personnage entre. Il écoute de la musique au casque...

Et ainsi de suite...


Scène Les 4 éléments :
Eau, Feu et Air remplissent des mallettes avec des dossiers aux titres relatifs aux changements climatiques.

Feu : Pour Sabrina, c’est fait.

Air : Pour le nouveau, c’est réglé. Tu l'as bien chargé en tout le Erik ?

Eau : Je lui ai mis l'indispensable et un peu plus...

Air : Tu as bien fait. On ne sait pas ce qui l'attend à New York

Eau : A vrai dire, c'est plus la Suisse qui me pose souci. Du coup, j'ai préféré assurer ses arrières.

Air : : Prévenant, comme à chaque fois.

Eau : Ça coule de source. Ce n'est pas comme si on organisait notre premier séjour, hein ?... De ton côté, Air, pour le nouveau des nouvelles ?

Air : Il ne devrait plus tarder... enfin, je crois.

Feu (qui lit) : Tu nous as déjà servi cet air-là, il y a plus d'une heure.

Air : Je sais mais il y a pas mal de perturbations en ce moment. Il faut prendre notre mal en patience. Il va arriver. C'est une question de minutes.

Feu : Si tu le dis... Tu lui as mis quoi ?

Air : Un peu de tout. Pas mal de chemises. J'ai misé sur le kaki. Et toi pour la Sabrina ?

Feu : Plutôt dans le rose. Tu la connais la Sabrina. Dans le genre guimauve ! Vous avez lu le journal du jour ?

Eau : Pas encore... Quoi de neuf ?

Feu : Que du bon ! Des incendies immenses en Sibérie.

Air : Ôte-moi d'un doute : toujours pas de pluies pour les circonscrire ?

Eau : Aucun risque ! Je veille !

Feu : Tu sais bien que non ! La pluie, c'est pour le nord-est du Bangladesh. Plus de 6000 morts. Des millions de personnes touchées par les pires inondations que le pays ait jamais connues.

Air : Tout part à vau-l'eau. Parfait.

Feu : A 2000 kilomètres de là, à New Delhi, c'est le niveau des particules fines dans l'air qui est monté à plus de 650. Quarante fois la limite fixée par l'OMS !!!

Eau : Mourir noyé ou étouffé, tu parles d'un choix !

Eau : Entrée de Terre

Terre : Les mallettes sont prêtes ?

Eau : Presque. Sabrina c'est fait, Erik je termine. Ils sont tous les deux dans les salles d'entraînement. Il ne manque plus que le nouveau.

Terre : Il en est où, lui ?

Air : Il ne saurait tarder.

Feu : Si on m'avait écouté, il serait déjà là...

Eau : Sûr ! A tous les coups tu nous ramenais une tête brulée ! Tu manques souvent de discernement.

Feu : Et toi de lucidité ! L'affaire est urgente et cela fait des jours qu'on tergiverse.

Terre : Il fallait trouver le bon émissaire.

Air : Chose qui est faite. Le voilà justement...

Entrée bruyante de Franck. Il est emmêlé dans les fils d'un parachute dans lequel il est pris. Il essaie de s'en extraire. Plus il bouge, plus il s'emmêle. On ne voit pas son visage, juste son corps perdu sous la voile du parachute.

Franck : Mais c'est quoi c'bordel ? Vingt ans chez les paras et c'est la première fois qu'ça m'arrive... Où qu'elle est la sortie ?

Terre : Es-tu sûr qu'il tient la route ? Il m'a l'air un peu perdu, non ?

Feu : Franchement cuit, tu veux dire.

Air : Je suis sûr de lui à 100%. C'est le bon !

Franck : (qui émerge enfin. Il tient un sac sur son ventre.) : Ah quand même ! Putain de courant ! Ni fait, ni à faire. Un coup j’monte, un coup j’descends. (Il lève la tête et aperçoit Air.) Ouah, salut ! Toi aussi ? Ah Salut ! Vous aussi vous avez eu du mal à vous poser ? Parce que pardon ! Un gros coup vent et hop tu montes en flèche, un énorme trou d'air et bing, tu chutes à la vitesse de l'éclair.xxxx.
Tiens, en parlant d'éclair, ça m’rappelle la fois où qu'on a sauté sur Bagdad alors qu'un putain d’orage nous faisait valdinguer de tous les côtés. Mais le colonel Bambo l'avait dit. Fallait quand même qu'on y aille. Alors, on y a été… à sauter dans les éclairs !

Eau : C'est clair, on part de loin, là. Tu manquais d'inspiration ?

Air : Je n'aspirais à rien d'autre. C'est le bon, je vous assure.

Feu : Permets-moi d'en douter.

Eau : Tu n'es pas le seul.

Terre : Quel est votre nom s'il vous plaît ?

Extrait de 5 minutes sur 1 heure au total